Ce travail est avant tout un pari qui repose sur une double
contrainte : c'est d'une part un travail avec des apprentis
comédiens, et j'insiste sur ce fait puisqu'il s'agit
des élèves de première année
de l'ERAC, et d'autre part, un pari avec le public de Gap
auquel nous présentons une lecture qui a valeur de
brouillon.
Dans le choix du texte, il y a à l'origine une fascination
personnelle pour Antigone, et c'est un mythe qui a accompagné
toute mon histoire théâtrale. J'ai cependant
demandé à un auteur contemporain - Michèle
Signal - une réécriture car c'était
pour moi l'occasion de poser des questions presque inconvenantes
dans leur naïveté, de lâcher des pistes,
de formuler des préoccupations qui peuvent paraître
grossières du type : qu'est-ce que la démocratie
aujourd'hui ? Quelle dérive de la démocratie
a-t-elle conduit à la toute puissance des sondages ?
et de demander ensuite à un auteur de prendre en
charge ces interrogations dans le travail d'écriture.
L'idée était de demander à Michèle
Sigal de quitter son univers métaphorique pour poser
ces questions naïves, et qu'il y ait un vrai frottement
dans ce travail à deux voix où la mise en
scène puisse prendre le relais.
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